
L’impact de l’adoption internationale et transraciale sur l’identité, les relations et la santé mentale. Comment d’autres vivent cette situation.
Ce guide ne constitue pas un diagnostic psychologique. Il renvoie à des ressources élaborées par et pour des personnes adoptées, afin d’aider à mettre des mots sur ce que l’adoption suscite chez une personne.
Introduction
Les personnes adopté.e.s à l’international et de façon transraciale sont des experts de l’adaptation. Survivre au déplacement, à l’isolement racial, à la perte d’une langue, à une histoire racontée principalement par d’autres, développe des capacités que la plupart des personnes n’auront jamais besoin de mobiliser. C’est une forme d’intelligence particulière, forgée dans des conditions particulières.
Ce guide ne part pas de ce qui est brisé, mais des situations spécifiques que rencontrent beaucoup d’adopté.es international.es et transraciaux.ales.
Les ressources rassemblées ici tentent d’éclaircir cette réalité, sans supposer qu’une seule histoire s’applique à tout le monde.

ÉCOUTER DES ADOPTÉ.E.S
Le meilleur point de départ n’est pas un cadre clinique. Ce sont les voix de personnes qui ont traversé quelque chose de similaire et ont trouvé les mots pour le dire.
Ce sont des témoignages, des anthologies et des podcasts par des adopté.e.s, pour des adopté.e.s.
Ils ne requièrent ni connaissances préalables ni thérapeute pour les interpréter.

La dimension raciale de l’adoption n’est pas une dimension secondaire.
C’est souvent la première chose qu’on nous demande de justifier, et la dernière dont la famille adoptive veut parler. Le racisme nous atteint, mais les personnes les plus proches de nous ne le voient souvent pas, ne le nomment pas. Le nient parfois. Il façonne la façon dont nous nous comprenons, nous déplaçons dans l’espace, et de nous sentir en sécurité lorsqu’on est visibles.
Ces ressources nomment directement cette expérience.

L’ADOPTION IMPLIQUE UN DÉPLACEMENT
Être adopté.e, c’est arriver ailleurs : quitter ou n’avoir jamais vu un pays de naissance, une langue, une culture, parfois une communauté. Et grandir là-bas.
On est souvent la seule personne dans son environnement à venir d’où l’on vient.
Ces ressources examinent ce que cela produit : non pas comme une pathologie, mais comme une situation spécifique avec ses propres caractéristiques, qui mérite son propre langage.

RECHERCHE, VÉRITÉ ET CE QU’ON Y TROUVE
Beaucoup d’adopté.e.s ont reçu un récit sur leurs origines qui était partiel, simplifié ou faux. Le désir de savoir ce qui s’est réellement passé n’est pas un symptôme d’insatisfaction ni d’ingratitude.
C’est un besoin fondamental que personne ne devrait avoir à justifier.
Ces ressources accompagnent toute l’étendue de cette expérience : la décision de chercher, le processus, ce que les retrouvailles résolvent et ne résolvent pas, et ce qui se passe lorsque la vérité qu’on trouve n’est pas celle qu’on attendait.

COLÈRE, PAROLE ET CONSCIENCE POLITIQUE
Les adopté.e.s « reçoivent » souvent leur histoire avant même de pouvoir parler.
Le récit familial, le dossier institutionnel, l’histoire de l’adoption… tout précède la propre voix de l’adopté.e. Et lorsque les adopté.es commencent à raconter leur histoire différemment, à nommer ce qui a été perdu, à refuser le scénario de la gratitude, à se mettre en colère, on nous dit alors que nous sommes ingrat.es, ou tout simplement dans l’erreur.
Ces ressources portent sur le processus de réécriture de son propre récit : décider de ce qui s’est passé, comment le nommer, et qui a le droit de le dire.

ISOLEMENT, SANTÉ MENTALE ET PENSÉES SUICIDAIRES
Les adoptés internationaux et transraciaux font face à des défis spécifiques en matière de santé mentale.
Les recherches documentent de façon constante des taux plus élevés de dépression, d’anxiété et d’idéation suicidaire dans notre population.
Ce n’est pas parce que les adopté.e.s sont fragiles. C’est parce que les conditions dans lesquelles ils et elles ont été placé.es sont réellement difficiles : isolement racial, perte de langue, origines perturbées, et un monde qui prend rarement leur expérience au sérieux. Ces ressources nomment cette réalité sans la pathologiser, et indiquent ce qui peut aider.
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À propos de ce guide
CE GUIDE NE PART PAS DE LA THÉORIE DE LA « BLESSURE PRIMAIRE »
Beaucoup de ressources en psychologie de l’adoption sont centrées sur des concepts développés par des thérapeutes étasunien blancs dans les années 1980 et 1990. Ces cadres ont été construits à partir de l’expérience des parents adoptifs avec leurs enfants, non à partir des récits des adopté.e.s eux-mêmes sur leurs propres vies. Ce guide n’ignore pas ces cadres, mais il ne les place pas au centre. Les ressources ici partent de ce que les adopté.e.s ont dit, écrit et documenté sur leur propre expérience. Beaucoup d’adopté.e.s ne se sont pas senti.e.s abandonné.e.s, n’ont pas été abandonné.es, et leur histoire ne correspond pas au modèle de la « blessure primaire ».
SUR LE SYSTÈME LUI-MÊME
Ce guide se concentre sur l’expérience vécue. Un autre guide pour comprendre de l’adoption internationale aborde les dimensions politiques, historiques, économiques et coloniales de l’adoption internationale. Comprendre ce qui vous est arrivé personnellement est différent de comprendre le système qui l’a produit. Les deux importent, et aucun ne remplace l’autre.
CES RESSOURCES ET BEAUCOUP D’AUTRES
Ce guide s’appuie sur une base de plus de 1 300 ressources compilées par notre collectif. Parcourez la base complète, par pays, thème, langue ou format.